Journée mondiale de l’environnement : le webinaire d’ACODEB met en lumière les bandes antiérosives comme solution durable pour l’agriculture de montagne

À l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin dernier, un important webinaire a réuni plusieurs acteurs engagés dans la promotion du développement durable. Cette rencontre virtuelle, organisée par le président de l’Association pour la Conservation et le Développement Durable (ACODEB) et modérée par le Dr NCHAKOU, a constitué un cadre privilégié d’échanges, de partage d’expériences et de réflexion autour des solutions innovantes face aux défis environnementaux actuels.

Dans un contexte marqué par les effets croissants du changement climatique, la dégradation des sols et la pression sur les ressources naturelles, les participants ont salué cette initiative qui a permis de mettre en avant des pratiques agricoles durables capables de concilier productivité et préservation de l’environnement.

Une présentation riche en enseignements

Le point culminant de ce webinaire a été la remarquable intervention de Madame TESSANGANG Sorelle, dont l’exposé a porté sur l’usage des bandes antiérosives dans la viabilisation des cultures sur les collines.

Face aux fortes pentes que l’on retrouve dans plusieurs zones agricoles des Hautes Terres de l’Ouest-Cameroun, l’érosion des sols constitue depuis longtemps une menace majeure pour les producteurs. Les eaux de ruissellement emportent progressivement la couche fertile du sol, réduisant les rendements agricoles et fragilisant les écosystèmes locaux.

Dans sa présentation, Madame TESSANGANG a démontré comment les bandes antiérosives permettent de ralentir le ruissellement des eaux, de retenir les particules de terre et de favoriser l’infiltration de l’eau dans le sol. Cette technique contribue ainsi à préserver la fertilité des terres tout en renforçant la résilience des exploitations agricoles face aux aléas climatiques.

Selon elle, les bandes antiérosives représentent aujourd’hui l’une des réponses les plus accessibles et les plus efficaces pour sécuriser les cultures en zones de collines, tout en limitant les risques de dégradation environnementale.

Les champs écoles de Fotouni et Fongo-Tongo comme vitrines de bonnes pratiques

Pour illustrer concrètement les résultats obtenus sur le terrain, deux exemples particulièrement évocateurs ont été présentés aux participants.

Le premier concerne le champ école de Fotouni, dans le site de Demyon, où les producteurs ont progressivement adopté les bandes antiérosives dans leurs pratiques culturales. Les observations réalisées montrent une meilleure conservation des sols ainsi qu’une amélioration de la gestion de l’eau au sein des parcelles agricoles.

Le second exemple a porté sur le champ école de Fongo-Tongo, dans le département de la Menoua. Là également, l’application de cette technique a permis de limiter les pertes de terres fertiles dues aux fortes pluies tout en favorisant une exploitation plus durable des espaces agricoles situés sur les versants.

Ces expériences de terrain ont démontré que les solutions environnementales produisent davantage d’impact lorsqu’elles sont directement expérimentées et observées par les communautés concernées. Les champs écoles apparaissent ainsi comme de véritables laboratoires à ciel ouvert où les producteurs peuvent apprendre, tester et reproduire des pratiques adaptées à leurs réalités.

L’importance de l’apprentissage par la démonstration

Au-delà des aspects techniques, les échanges ont mis en évidence une leçon essentielle : la nécessité de renforcer les approches pédagogiques basées sur la pratique.

Les participants ont unanimement reconnu que les formations théoriques, bien qu’importantes, gagnent en efficacité lorsqu’elles sont accompagnées de démonstrations concrètes. Les visuels, les observations de terrain et les expériences vécues permettent aux apprenants de mieux comprendre les enjeux et d’assimiler plus facilement les connaissances transmises.

Cette approche participative favorise également l’appropriation des techniques par les producteurs, qui deviennent eux-mêmes des relais de diffusion au sein de leurs communautés.

Les champs écoles de Fotouni et de Fongo-Tongo ont ainsi été présentés comme des modèles à multiplier dans d’autres localités afin de renforcer la vulgarisation des pratiques agricoles durables.

Un engagement collectif pour un avenir plus vert

Ce webinaire organisé dans le cadre de la Journée mondiale de l’environnement a rappelé que la protection de l’environnement ne relève pas uniquement des institutions publiques ou des organisations spécialisées. Elle nécessite l’implication de tous les acteurs : agriculteurs, chercheurs, organisations de la société civile, collectivités locales et partenaires au développement.

Les échanges ont également mis en lumière l’importance de promouvoir des solutions simples, accessibles et adaptées aux réalités locales. Les bandes antiérosives en constituent un exemple concret, démontrant qu’il est possible de préserver les ressources naturelles tout en améliorant les performances agricoles.

À travers cette initiative, ACODEB confirme son engagement en faveur du développement durable et de la diffusion des bonnes pratiques environnementales. Les participants sont repartis avec de nouvelles connaissances, mais surtout avec la conviction que les actions de terrain, soutenues par la formation et le partage d’expériences, demeurent les leviers les plus efficaces pour construire une agriculture résiliente et respectueuse de l’environnement.

La célébration de cette Journée mondiale de l’environnement aura ainsi permis de rappeler qu’un développement durable passe avant tout par la transmission des savoirs, l’innovation locale et l’adoption de pratiques capables de protéger les générations présentes et futures.

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