Agriculture Biologique au Cameroun : le REPAC mobilisé pour une loi plus ambitieuse et inclusive

les acteurs de l’agroécologie appellent à une meilleure prise en compte des principes agroécologiques dans les textes d’application de la loi sur l’agriculture biologique.

Réunis à Soa, les acteurs de l’agroécologie appellent à une meilleure prise en compte des principes agroécologiques dans les textes d’application de la loi sur l’agriculture biologique.

Le Cameroun a franchi une étape importante en adoptant, en décembre 2025, sa première loi consacrée à l’agriculture biologique. Ce texte traduit la volonté des pouvoirs publics de promouvoir un modèle agricole respectueux de l’environnement, soucieux de la santé des consommateurs et favorable à une production plus durable.

Toutefois, pour les acteurs engagés dans la transition agroécologique, cette avancée législative constitue avant tout un point de départ. Après une analyse approfondie du contenu de la loi, plusieurs organisations estiment que certaines dimensions essentielles de l’agroécologie restent insuffisamment prises en compte.

C’est dans cette perspective que les membres du Réseau de Promotion de l’Agroécologie au Cameroun  (REPAC) se sont réunis le vendredi 3 juillet 2026 à Soa, dans le cadre d’un atelier de réflexion consacré à l’examen de la loi et à l’élaboration de propositions destinées à enrichir son décret d’application.

Si la promulgation de cette loi est largement perçue comme une avancée majeure pour le secteur agricole camerounais, les participants ont souligné la nécessité de renforcer son articulation avec les principes de l’agroécologie.

Pour le REPAC, l’agriculture biologique ne se limite pas à l’interdiction des intrants de synthèse. Elle s’inscrit dans une approche plus globale intégrant la préservation des écosystèmes, la restauration de la fertilité des sols, la valorisation des savoirs locaux, la résilience face aux changements climatiques, la souveraineté alimentaire ainsi que l’inclusion des petits producteurs dans les politiques agricoles.

L’enjeu est donc de faire en sorte que les textes d’application traduisent pleinement cette vision et offrent un cadre propice au développement de systèmes alimentaires véritablement durables.

Construire une position commune pour influencer les politiques publiques

Tout au long des travaux, les participants ont procédé à une lecture critique et participative de la loi, article par article. Cet exercice a permis d’identifier les dispositions nécessitant des clarifications, des compléments ou des ajustements afin de faciliter leur mise en œuvre.

Les échanges ont également porté sur l’élaboration de propositions concrètes à intégrer dans le futur décret d’application. Les membres du réseau ont travaillé à la formulation d’amendements visant à mieux prendre en compte les réalités des producteurs, les principes agroécologiques et les exigences d’un développement agricole durable.

L’atelier avait également pour objectif de définir une position commune du REPAC sur les relations entre agriculture biologique et agroécologie dans le contexte camerounais. Cette réflexion collective doit permettre au réseau de porter un message cohérent auprès des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers.

Une contribution au dialogue politique

Au-delà des discussions techniques, cette rencontre marque une nouvelle étape dans le plaidoyer en faveur d’une gouvernance plus inclusive des politiques agricoles. Les propositions issues de l’atelier serviront à alimenter une briefing note destinée aux décideurs publics afin de contribuer à l’élaboration d’un décret d’application répondant aux attentes des différents acteurs du secteur.

Pour le NEPAC, l’efficacité de la future réglementation dépendra de sa capacité à accompagner les producteurs dans leur transition vers des pratiques agricoles durables, à garantir la crédibilité des systèmes de certification et à créer un environnement favorable au développement de l’agriculture biologique et de l’agroécologie au Cameroun.

Une ambition commune pour une agriculture durable

À travers cette initiative, le REPAC réaffirme son engagement à accompagner les pouvoirs publics dans la construction d’un cadre réglementaire robuste, inclusif et adapté aux réalités nationales. Le réseau plaide pour une reconnaissance accrue de l’agroécologie comme complément indispensable à l’agriculture biologique, afin de renforcer la résilience des exploitations agricoles, préserver les ressources naturelles et améliorer durablement les conditions de vie des producteurs.

Dans un contexte où les défis climatiques, environnementaux et alimentaires deviennent de plus en plus pressants, les membres du REPAC rappellent qu’une législation efficace ne peut être élaborée sans une concertation étroite avec les acteurs de terrain.

La loi sur l’agriculture biologique ouvre une nouvelle page pour le secteur agricole camerounais. Le défi est désormais de faire de son décret d’application un véritable levier de transformation, au service d’une agriculture à la fois productive, durable, résiliente et bénéfique pour les générations présentes et futures.

MOMHA

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