Journée Mondiale du Développement Rural : le RADD intensifie la lutte contre le bradage des terres ancestrales dans l’arrondissement de Yoko

Face à la pression foncière grandissante, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) renforce la sensibilisation des communautés afin de promouvoir une gouvernance foncière inclusive et durable.
Face à la pression foncière grandissante, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) renforce la sensibilisation des communautés afin de promouvoir une gouvernance foncière inclusive et durable.

À l’occasion de la Journée Mondiale du Développement Rural, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) a organisé une vaste caravane de sensibilisation dans plusieurs villages de l’arrondissement de Yoko. Cette initiative vise à alerter les populations sur les conséquences du bradage des terres ancestrales, un phénomène qui s’accentue avec le développement des infrastructures routières et l’annonce de nouveaux projets d’investissement.

Depuis le bitumage de la route traversant la localité, les terres connaissent une forte pression. Attirés par les offres d’achat et les promesses de gains immédiats, de nombreux propriétaires cèdent progressivement leurs parcelles. Hommes, femmes et parfois même les jeunes générations vendent ces terres héritées de leurs ancêtres, souvent sans véritable encadrement ni réflexion sur les conséquences à long terme.

Pour le RADD, cette situation constitue une menace sérieuse pour l’avenir des communautés rurales. La terre ne représente pas uniquement un bien économique ; elle est également le socle de l’identité culturelle, de la sécurité alimentaire, de la cohésion sociale et de la transmission du patrimoine entre les générations.

Au cours des différentes étapes de la caravane, les équipes du RADD ont échangé avec les chefs traditionnels, les familles, les femmes, les jeunes et les leaders communautaires. À travers des témoignages et des exemples concrets de communautés ayant perdu leurs moyens de subsistance après la cession de leurs terres, les animateurs ont démontré les risques liés au bradage du patrimoine foncier.

Les participants ont également été sensibilisés aux dangers de l’accaparement des terres par de grands projets d’investissement, souvent présentés comme des initiatives de développement, mais dont les retombées pour les populations locales restent parfois limitées. Sans une information adéquate et une participation effective des communautés, ces projets peuvent entraîner la perte des terres agricoles, l’appauvrissement des ménages et une fragilisation durable du tissu social.

À travers cette campagne, le RADD appelle les communautés de Yoko à adopter une gouvernance foncière plus responsable, fondée sur la concertation, la transparence et la participation de toutes les composantes de la société, notamment les femmes, les jeunes et les autorités traditionnelles. L’organisation encourage également les populations à mieux connaître leurs droits fonciers avant toute décision de cession de terres.

À l’occasion de cette Journée Mondiale du Développement Rural, le RADD rappelle que le développement ne peut être durable que s’il garantit la protection des droits fonciers des communautés, la préservation des terres ancestrales et une gestion équitable des ressources naturelles. Préserver le patrimoine foncier aujourd’hui, c’est assurer aux générations futures les moyens de leur autonomie, de leur sécurité alimentaire et de leur développement.

« Les terres ancestrales ne sont pas un héritage de nos parents, mais un patrimoine que nous empruntons à nos enfants. Les protéger, c’est garantir l’avenir des communautés rurales. »

MOMHA

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