Journée mondiale de l’environnement 2026 « À Balda, les femmes montrent la voie : l’agroécologie comme rempart contre le changement climatique ».

Face à l’avancée des effets du changement climatique dans la zone sahélienne du Cameroun, les communautés rurales misent de plus en plus sur l’agroécologie pour préserver leurs moyens de subsistance. À l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement 2026, célébrée sous le thème mondial « Maintenant pour le climat », le canton de Balda a accueilli un dialogue communautaire destiné à promouvoir des pratiques agricoles durables et résilientes.

Dans cette localité de la commune de Bogo, où les populations font régulièrement face à la baisse de la fertilité des sols, aux épisodes de sécheresse et à l’irrégularité des pluies, l’urgence climatique n’est plus une notion abstraite. Elle se traduit quotidiennement dans les champs et dans les ménages. C’est dans ce contexte qu’Inades-Formation Cameroun a réuni autorités traditionnelles, producteurs, productrices et jeunes autour d’un espace de concertation consacré à l’agroécologie.

L’objectif de cette rencontre était clair : faire de l’agroécologie un levier d’adaptation aux changements climatiques et renforcer la résilience des terroirs ruraux face aux contraintes environnementales croissantes.

Les femmes au cœur de la transition écologique

L’un des faits marquants de cette rencontre a été la forte participation des femmes. Sur les 25 personnes ayant pris part au dialogue communautaire, 16 étaient des femmes, confirmant leur rôle central dans la production agricole et la sécurité alimentaire des ménages.

Leur présence massive a donné une tonalité particulière aux échanges. Souvent en première ligne face aux difficultés liées à l’accès à l’eau, à la dégradation des terres et à la baisse des rendements agricoles, elles apparaissent aujourd’hui comme des actrices incontournables de la transition agroécologique.

Deux jeunes ont également pris part aux discussions, témoignant de l’importance d’impliquer les nouvelles générations dans la préservation de l’environnement et la diffusion des pratiques agricoles durables.

Des solutions concrètes pour des territoires résilients

Loin d’être un simple cadre de sensibilisation, le dialogue a permis aux participants de partager leurs expériences et d’identifier des solutions adaptées aux réalités locales. Les discussions ont porté sur plusieurs pratiques agroécologiques reconnues pour leur efficacité dans la lutte contre les effets du changement climatique.

Parmi celles-ci figuraient la restauration de la fertilité des sols, l’utilisation de biopesticides naturels, la gestion durable des ressources en eau ainsi que la préservation des semences locales. Autant de pratiques susceptibles d’améliorer durablement la productivité agricole tout en protégeant les ressources naturelles.

« L’agroécologie n’est plus une option, c’est notre bouclier face au changement climatique. Voir une telle majorité de femmes s’approprier ces échanges à Balda est le signe que la transition verte est en marche à la base », a souligné un facilitateur de la rencontre.

Le label « Territoire Produire Sans Détruire »

Au terme de cette importante séance de sensibilisation communautaire, le canton de Balda a été officiellement désigné « Territoire Produire Sans Détruire », une reconnaissance qui traduit l’engagement de la communauté en faveur de modes de production respectueux de l’environnement.

Cette distinction constitue également un appel à poursuivre les efforts de mobilisation autour de pratiques agricoles durables, capables de concilier sécurité alimentaire, protection des ressources naturelles et adaptation au changement climatique.

À travers cette initiative, INADES-Formation Cameroun réaffirme sa conviction que les solutions les plus efficaces face aux défis environnementaux émergent des territoires eux-mêmes. À Balda, le message lancé à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement est sans équivoque : pour protéger le climat, il faut agir dès maintenant, dans les champs, au sein des communautés et au cœur des systèmes de production.

MOMHA Marguerite

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