Nyamanga II : plus de 200 paysans mobilisés pour préserver les semences paysannes et la biodiversité locale

Au cœur du département du Mbam-et-Kim, la défense des semences paysannes s’impose comme un enjeu majeur de souveraineté alimentaire et de préservation de la biodiversité. À Nyamanga II, le Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD) a réuni plus de 200 acteurs du monde rural autour d’une réflexion collective sur les stratégies de conservation des ressources semencières locales. Une rencontre riche en échanges, en apprentissages pratiques et en engagements pour l’avenir.

Le 18 août 2026, le village de Nyamanga II, dans l’arrondissement de Mbangassina, a vécu au rythme des savoirs paysans et de la valorisation du patrimoine semencier local. À l’initiative du Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD), une nouvelle édition des Causeries Paysannes a rassemblé plus de 200 participants autour du thème : « La conservation à long terme des semences paysannes, un défi pour la sauvegarde de la biodiversité semencière par les paysan(ne)s ».

L’événement a connu une forte mobilisation des communautés rurales ainsi que de nombreux acteurs engagés dans le développement agricole. Autorités administratives et traditionnelles, membres de la COFECCC, représentants de la Coopérative des Sécheurs des Produits Agropastoraux du Cameroun, délégation de la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau en Afrique Centrale (CGLTE-AC), responsables des Cases Communautaires de Semences Paysannes (CCSP) accompagnées par le RADD, femmes, jeunes et producteurs ont répondu présents pour réfléchir ensemble à l’avenir des semences locales.

Au fil des échanges, les participants ont rappelé le rôle fondamental des semences paysannes dans les systèmes alimentaires locaux. Héritées des générations précédentes, sélectionnées et adaptées au fil du temps par les communautés, elles constituent un réservoir de diversité génétique indispensable à la résilience des exploitations agricoles.

Face aux effets du changement climatique, à l’uniformisation des systèmes agricoles et à l’expansion des semences industrielles commercialisées par les grandes firmes semencières, les producteurs ont souligné l’urgence de renforcer les mécanismes de conservation communautaire. Les discussions ont permis de partager des expériences sur les techniques traditionnelles de préservation des graines, des agrumes, des tubercules et des boutures, tout en mettant en lumière les défis liés à la transmission des savoirs paysans aux jeunes générations.

Pour les participants, la sauvegarde des semences paysannes dépasse la simple question agricole. Elle touche à l’identité culturelle des communautés, à leur autonomie alimentaire et à leur capacité à faire face aux crises futures.

De la théorie à la pratique

L’un des temps forts de cette édition a été la formation pratique consacrée à la fabrication des briques à graines. Cette technique innovante permet de conserver durablement les semences tout en les protégeant contre les incendies, les intempéries et d’autres risques susceptibles de compromettre leur viabilité.

Sous la conduite des animateurs du RADD, les participants ont découvert les différentes étapes de fabrication de ces dispositifs de conservation et ont été encouragés à les reproduire dans leurs exploitations et au sein des Cases Communautaires de Semences Paysannes.

Cette approche pratique a été particulièrement appréciée par les producteurs, qui y voient une solution accessible pour renforcer la sécurité semencière au niveau local.

Une foire pour valoriser les richesses locales

Au-delà des échanges et des formations, la rencontre a également donné lieu à une mini-foire d’exposition des semences paysannes et des produits transformés agropastoraux. Les visiteurs ont pu découvrir la diversité des variétés locales conservées par les communautés ainsi que le savoir-faire des producteurs dans la transformation et la valorisation des produits agricoles.

Cette vitrine a permis de démontrer que la conservation des semences ne se limite pas à la préservation de ressources biologiques, mais contribue également au développement économique local en créant des opportunités de valorisation des produits issus de l’agriculture paysanne.

Un engagement collectif pour l’avenir

Dans une ambiance marquée par la fraternité, la convivialité et la solidarité communautaire, les Causeries Paysannes de Nyamanga II se sont achevées sous la bénédiction de la plus haute autorité traditionnelle de la localité.

À travers cette initiative, le RADD réaffirme son engagement en faveur de la promotion des systèmes semenciers paysans et de la préservation de la biodiversité agricole au Cameroun. L’organisation a salué la forte mobilisation des producteurs, des femmes, des jeunes, des leaders communautaires et des autorités locales, tout en exprimant sa gratitude à ses partenaires, notamment Hecks Suisse, l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) et Agroecology Fund, qui soutiennent cette dynamique.

À Nyamanga II, le message porté par les participants est resté clair : chaque semence paysanne conservée est une promesse pour l’avenir. Un héritage vivant qu’il convient de protéger pour garantir la souveraineté alimentaire, préserver la biodiversité et transmettre aux générations futures les richesses accumulées par les communautés rurales au fil des siècles.

Préserver les semences paysannes, c’est préserver la mémoire, la biodiversité et l’avenir des peuples.

Rendez-vous à la prochaine édition

MOMHA

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