À l’heure où le Cameroun révise son Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), les organisations de la société civile, les réseaux d’acteurs et les ministères sectoriels sont appelés à jouer un rôle déterminant dans l’intégration de la dimension genre au cœur des politiques climatiques. Réunis à Yaoundé dans le cadre d’un atelier de consultation, les participants ont engagé une réflexion collective pour faire entendre la voix des femmes et des communautés les plus vulnérables face aux effets du changement climatique.
Le changement climatique n’affecte pas tous les citoyens de la même manière. Dans les zones rurales du Cameroun, les femmes, qui assurent une grande partie de la production agricole, de la gestion de l’eau et de l’alimentation familiale, figurent parmi les premières victimes des sécheresses, des inondations et de la dégradation des ressources naturelles. C’est dans ce contexte que Green Development Advocates (GDA) a organisé le 24 août 2026 à Yaoundé un atelier de consultation réunissant les organisations de la société civile, les réseaux et les ministères concernés afin de contribuer à la révision du Plan national d’adaptation au changement climatique adopté en 2015.
Faire entendre la voix des femmes dans les politiques climatiques
Cette rencontre s’inscrit dans le processus national de révision du PNACC, lancé en décembre 2025 avec l’appui du Fonds vert pour le climat. L’objectif est de s’assurer que les besoins, les vulnérabilités mais aussi les capacités d’adaptation des femmes soient pleinement pris en compte dans les futures orientations stratégiques du pays.
Selon les organisateurs, l’atelier vise à renforcer l’intégration des considérations liées au genre dans le nouveau plan d’adaptation en cours d’élaboration. Il s’agit également de créer un espace de dialogue entre les acteurs institutionnels et la société civile afin de bâtir une vision commune d’une adaptation climatique plus inclusive et plus équitable.
Bilan du plan de 2015 et identification des défis
Les travaux ont permis aux participants d’examiner le niveau de mise en œuvre du Plan national d’adaptation de 2015 et de mieux comprendre le processus de révision actuellement engagé. Les représentants des ministères sectoriels ont présenté les avancées enregistrées ainsi que les défis persistants dans la prise en compte des questions de genre au sein des politiques climatiques.
Les échanges ont mis en lumière plusieurs préoccupations, notamment l’accès limité des femmes aux ressources productives, leur faible représentation dans certains espaces de décision et l’insuffisance des données désagrégées permettant de mesurer les impacts différenciés du changement climatique sur les femmes et les hommes.
Les participants ont également analysé les barrières structurelles qui freinent encore l’intégration effective du genre dans les stratégies nationales d’adaptation.
Des recommandations pour une adaptation plus inclusive
L’un des temps forts de l’atelier a été consacré aux travaux de groupe visant à formuler des recommandations concrètes pour renforcer la prise en compte du genre dans le futur PNACC. À travers une démarche participative, les représentants des organisations de la société civile, des réseaux et des administrations ont proposé des pistes d’action adaptées aux réalités des différents secteurs.
L’ambition est d’aboutir à une note de recommandations validée par les parties prenantes, qui servira de contribution au processus de révision du plan national.
Parmi les attentes exprimées figurent notamment le renforcement du leadership féminin dans la gouvernance climatique, une meilleure prise en compte des savoirs locaux des femmes dans les stratégies d’adaptation, ainsi qu’un accès accru aux financements et aux technologies favorisant la résilience des communautés.
Renforcer l’alliance entre société civile et pouvoirs publics
Au-delà des recommandations techniques, l’atelier entend également consolider les relations entre les organisations de la société civile et les institutions publiques impliquées dans la lutte contre les changements climatiques. Les organisateurs souhaitent ainsi mettre en place un cadre de collaboration durable permettant d’assurer un suivi citoyen de la mise en œuvre des futures mesures d’adaptation.
Les résultats attendus comprennent notamment un renforcement des capacités des participants sur les enjeux du genre et du climat, la production d’un rapport détaillé des travaux ainsi qu’une meilleure compréhension du mécanisme de transmission des recommandations aux administrations compétentes.
Une adaptation climatique qui n’oublie personne
Alors que les effets du changement climatique se font de plus en plus ressentir au Cameroun à travers les inondations, les vents violents, les sécheresses et la baisse des rendements agricoles, les acteurs réunis à Yaoundé rappellent qu’une adaptation efficace ne peut être envisagée sans une prise en compte des réalités vécues par les femmes et les communautés vulnérables.
Pour les participants, intégrer pleinement la dimension genre dans le Plan national d’adaptation constitue non seulement une exigence d’équité sociale, mais également une condition essentielle pour renforcer la résilience des populations et construire un développement durable face aux défis climatiques.
À travers cette consultation, la société civile camerounaise entend contribuer activement à l’élaboration d’un plan d’adaptation plus inclusif, capable de répondre aux besoins des femmes, des hommes et des générations futures dans un contexte climatique en constante évolution.
MOMHA