Yaoundé s’apprête à devenir, du 25 au 27 août 2026, le carrefour des réflexions africaines sur l’agroécologie. À quelques heures de l’ouverture de la 2e Conférence du Bassin du Congo, les principaux acteurs engagés dans la promotion d’une agriculture durable multiplient les concertations afin de garantir le succès de cet important rendez-vous panafricain.
Dans cette dynamique, une délégation conjointe de l’Alliance pour la Souveraineté Alimentaire en Afrique (AFSA) et de la Concertation Nationale des Organisations Paysannes du Cameroun (CNOP-CAM) a été reçue au ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER). Cette rencontre de haut niveau visait à harmoniser les derniers préparatifs de la conférence et à renforcer la coordination entre les différentes parties prenantes mobilisées autour de l’évènement.
Conduite par Élisabeth Atangana, Ambassadrice spéciale de la FAO pour les coopératives et présidente de la CNOP-CAM, la délégation a échangé avec le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, sur les enjeux stratégiques liés à l’organisation de cette rencontre continentale dédiée à l’agroécologie.
Au cœur des discussions figurait la nécessité de consolider les mécanismes de coordination entre les institutions publiques, les organisations paysannes, les partenaires techniques et les réseaux engagés dans la transition agroécologique. Pour les acteurs présents, la conférence constitue une opportunité unique de renforcer les synergies autour des systèmes alimentaires durables dans l’espace du Bassin du Congo et au-delà.
Cette audience intervient quelques jours après la réunion préparatoire organisée le 21 août 2026 à la Direction des Organisations Professionnelles Agricoles (DOPA), au cours de laquelle les différents partenaires avaient déjà passé en revue les aspects techniques et organisationnels de la rencontre.
L’objectif est clair : faire de cette conférence un espace d’échanges capable de porter les préoccupations des producteurs agricoles africains et de mettre en lumière les solutions agroécologiques développées sur le continent pour répondre aux défis climatiques, économiques et alimentaires.
Pour la CNOP-CAM et AFSA, la réussite de cette conférence passe nécessairement par une forte implication des organisations paysannes. Acteurs de première ligne face aux effets du changement climatique, les producteurs agricoles sont aujourd’hui porteurs d’innovations et de pratiques qui contribuent à la préservation des écosystèmes, à la fertilité des sols et à la souveraineté alimentaire.
La conférence devrait ainsi offrir une tribune aux organisations paysannes afin qu’elles puissent partager leurs expériences, présenter leurs initiatives et participer à la formulation de recommandations destinées aux décideurs politiques et aux partenaires du développement.
À travers cette mobilisation, la CNOP-CAM réaffirme sa volonté de faire entendre la voix du monde rural dans les grandes orientations agricoles du continent. Une ambition partagée par AFSA, qui œuvre depuis plusieurs années à la promotion de systèmes alimentaires fondés sur l’agroécologie, les savoirs locaux et les droits des communautés.
Un rendez-vous stratégique pour l’avenir agricole du Bassin du Congo
Alors que les défis liés à la sécurité alimentaire, à la dégradation des terres et aux changements climatiques se multiplient, la 2e Conférence du Bassin du Congo apparaît comme un cadre privilégié pour construire des réponses collectives et adaptées aux réalités africaines.
Pendant trois jours, experts, organisations paysannes, institutions publiques, chercheurs et partenaires au développement se retrouveront pour réfléchir aux voies de transformation des systèmes agricoles et alimentaires. Au-delà des échanges, les participants espèrent dégager des perspectives communes susceptibles d’accélérer la transition vers une agriculture plus durable, plus résiliente et davantage respectueuse des ressources naturelles.
À Yaoundé, la dernière ligne droite est engagée. Tous les regards sont désormais tournés vers cette rencontre qui ambitionne de faire du Bassin du Congo un laboratoire africain de l’agroécologie et de la souveraineté alimentaire.
MOMHA