À Gazaoua, le moringa s’impose comme une culture de resilience

Dans la commune de Gazaoua, département du Mayo-Tsanaga, les producteurs du site maraîcher d’Angoul Malam Moussa font du moringa un levier de développement économique et de sécurité alimentaire. Une réussite qui démontre la capacité des communautés rurales à s’adapter aux défis climatiques grâce à l’agriculture irriguée.

À perte de vue, les parcelles de moringa verdissent le paysage d’Angoul Malam Moussa. Dans cette localité de la commune de Gazaoua, où les populations sont régulièrement confrontées aux effets de la variabilité climatique, les exploitants agricoles ont trouvé dans cette culture une réponse concrète aux défis de production et de subsistance.

Cette année, les producteurs ont enregistré une récolte de plus d’une tonne de feuilles fraîches de moringa biologique. Un résultat qui récompense plusieurs mois d’efforts, de suivi technique et d’entretien des parcelles. Pour les exploitants, cette performance constitue bien plus qu’un simple succès agricole.

« Le moringa nous aide à nourrir nos familles et à gagner un revenu complémentaire. Même lorsque certaines cultures souffrent du manque de pluie, cette plante continue de produire », explique Malam Moussa, producteur sur le site maraîcher.

Reconnue pour ses qualités nutritionnelles exceptionnelles, la plante est riche en vitamines, protéines et minéraux. Elle est consommée sous forme de feuilles fraîches, de poudre ou encore intégrée dans diverses préparations alimentaires. Dans les ménages, elle contribue à améliorer la qualité de l’alimentation, notamment chez les enfants et les femmes.

Pour Aïssatou, membre d’un groupe de productrices de la localité, les bénéfices sont multiples. « Nous utilisons une partie de la récolte pour la consommation familiale et nous vendons le reste au marché. Cela nous permet de payer certaines dépenses du ménage et de soutenir la scolarité des enfants », confie-t-elle.

Au-delà de sa valeur nutritionnelle, le moringa représente une véritable opportunité économique. La demande croissante pour les produits issus de cette plante ouvre de nouvelles perspectives de commercialisation aux producteurs locaux. Les revenus générés contribuent au dynamisme de l’économie rurale et renforcent la résilience des ménages face aux chocs climatiques et économiques.

Selon les acteurs locaux, cette expérience illustre le potentiel de l’agriculture irriguée dans les zones sahéliennes du Cameroun. Grâce à une meilleure maîtrise de l’eau et à l’adoption de pratiques respectueuses de l’environnement, les exploitants parviennent à maintenir une production régulière malgré les contraintes climatiques.

« Nos terres peuvent produire davantage lorsque nous disposons des techniques appropriées et d’un accompagnement adapté. Le moringa est aujourd’hui l’une des cultures qui nous donne le plus d’espoir pour l’avenir », souligne un responsable du site.

À Gazaoua, les champs de moringa sont ainsi devenus le symbole d’une agriculture tournée vers l’avenir. Entre amélioration de la sécurité alimentaire, création de revenus et adaptation aux changements climatiques, cette culture confirme son potentiel comme moteur du développement local durable dans l’Extrême-Nord.

MOMHA

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