L’énergie solaire domestique à Douala : une solution face aux délestages

De plus en plus de ménages se tournent vers l’énergie solaire. Contrairement aux idées reçues, cette solution n’est plus réservée aux zones rurales. Dans les grandes agglomérations, elle connaît un véritable essor, justement à cause des coupures répétées. 

Le principe est simple : des panneaux photovoltaïques captent l’énergie du soleil pendant la journée, alimentent directement les appareils électriques et rechargent des batteries. En cas de coupure, le système bascule automatiquement sur l’énergie stockée.

Dans une ville comme Douala, où l’ensoleillement est relativement stable tout au long de l’année, cette technologie est particulièrement adaptée. Une famille moyenne consomme entre 5 et 10 kWh par jour, une demande que peut couvrir un système solaire bien dimensionné. 

Un investissement encore élevé mais rentable

L’un des principaux freins reste le coût initial. L’installation d’un système solaire domestique complet peut varier entre 800 000 FCFA et plus d’un million de FCFA selon les besoins et les équipements. 

Cependant, cet investissement est souvent amorti sur le moyen terme. Les utilisateurs constatent une réduction significative de leurs factures d’électricité, voire une autonomie quasi totale. À cela s’ajoute un avantage non négligeable : la tranquillité d’esprit face aux délestages.

De plus, des solutions hybrides existent aujourd’hui, combinant réseau classique et solaire, ce qui permet une transition progressive et plus accessible.

« Je ne dépend plus des coupures »

Jean-Marc T., commerçant à Makepe, a installé un kit solaire pour son domicile et son petit magasin.

« Avant, les coupures nous paralysaient complètement. Mon congélateur s’arrêtait, mes produits se perdaient. J’ai décidé d’investir dans le solaire l’année dernière. Aujourd’hui, même quand le courant part, je continue mes activités normalement. »

Il explique avoir opté pour un système capable d’alimenter l’éclairage, un réfrigérateur et quelques appareils essentiels.

« Ce n’est pas encore tout la maison, mais c’est déjà un grand soulagement. Je ne dépend plus des coupures comme avant. »

« Une question de confort et de sécurité »

À Bonamoussadi, Mireille N., mère de trois enfants, a également franchi le pas après plusieurs épisodes de délestage prolongé.

« Il y a des nuits où on restait sans courant jusqu’au matin. Avec la chaleur, c’était difficile pour les enfants. »

Elle a choisi un système avec batteries pour assurer l’éclairage, les ventilateurs et la recharge des appareils.

« Aujourd’hui, même en cas de coupure, on dort normalement. C’est une question de confort, mais aussi de sécurité. On évite les bougies, les risques d’incendie… »

Un marché en pleine expansion

À Douala, plusieurs entreprises proposent désormais des solutions solaires adaptées aux particuliers : vente de panneaux, installation, maintenance et conseils techniques. 

Cette dynamique témoigne d’un marché en pleine croissance, porté par la demande urbaine. Les innovations technologiques, notamment en matière de batteries, rendent les systèmes plus performants et accessibles.

Par ailleurs, l’énergie solaire s’inscrit dans une logique de transition énergétique. Bien que le solaire représente encore une part marginale de la production nationale, son potentiel est immense. 

Vers une démocratisation progressive

Si le solaire domestique ne remplace pas encore totalement le réseau électrique, il constitue une solution complémentaire efficace. Pour de nombreux ménages, il s’agit moins d’un luxe que d’une nécessité face à l’instabilité du système.

À mesure que les coûts baissent et que les solutions se diversifient, l’énergie solaire pourrait se démocratiser davantage dans les années à venir, notamment dans les grandes villes comme Douala.

En attendant une amélioration structurelle du réseau électrique national, le soleil apparaît déjà comme une réponse concrète aux défis énergétiques du quotidien.

Raphael Tsogo

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