Alerte Météo à l’Ouest du Cameroun (9-30 mai 2026) : Les Hauts-Plateaux sous les eaux, le monde rural en première ligne

L’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) tire la sonnette d’alarme. Pour le reste du mois de mai 2026, la région de l’Ouest subit une intensification brutale de la saison des pluies. Des cumuls pluviométriques critiques, oscillant entre 103 mm et 226 mm, menacent les départements de la Mifi, des Bamboutos et du Ndé. Au-delà des risques d’inondations urbaines à Bafoussam, ce sont les acteurs du développement rural qui font face à un défi logistique et économique majeur.

🚜 Agriculteurs : Le spectre de l’asphyxie des cultures

Pour les cultivateurs des Hauts-Plateaux, ce déluge de la mi-mai représente un danger direct pour les rendements.

  • Destruction des semis : Les orages violents et la grêle balaient les jeunes pousses de maïs et de haricots à peine sortis de terre.
  • Asphyxie racinaire : L’engorgement des sols en eau provoque le pourrissement des tubercules, notamment le manioc et la pomme de terre, piliers de la sécurité alimentaire locale.
  • Maladies cryptogamiques : Le taux d’humidité record (proche de 90 %) favorise la prolifération de champignons et du mildiou, obligeant les producteurs à des traitements phytosanitaires coûteux et complexes sous la pluie.

🐄 Éleveurs : Menaces sur le bétail et baisse de production

Le secteur pastoral paie également un lourd tribut à cette météo capricieuse.

  • Santé animale dégradée : Le froid humide persistant (minimales à 15 °C) provoque une recrudescence des maladies respiratoires chez les petits ruminants et la volaille.
  • Pâturages inondés : Les zones de bas-fonds, habituellement riches en herbe, deviennent impraticables, limitant l’accès à la nourriture pour le bétail.
  • Chute de la production : Le stress thermique causé par les variations brusques de température entraîne une baisse significative de la production de lait et d’œufs dans la région.

🛣️ Développement rural : L’isolement des bassins de production

L’impact le plus redoutable à long terme concerne les infrastructures et le désenclavement des campagnes.

  • Routes impraticables : Les pistes rurales se transforment en bourbiers, provoquant l’interruption du transport des denrées vers les marchés urbains.
  • Pertes post-récoltes : Faute de pouvoir évacuer rapidement les produits périssables (tomates, légumes feuilles), les agriculteurs assistent impuissants au pourrissement de leurs récoltes.
  • Érosion et éboulements : Les glissements de terrain sur les flancs de montagne détruisent les aménagements hydro-agricoles et coupent les ponts artisanaux, isolant des villages entiers.

Face à ces menaces climatiques bien réelles pour ce mois de mai 2026, la vigilance est de mise. L’ONACC et les délégués régionaux recommandent d’anticiper les récoltes précoces, de surélever les infrastructures d’élevage et de suspendre temporairement les déplacements non essentiels sur les axes non bitumés.

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