Le coup d’envoi officiel de la première campagne agricole de l’année a été donné le 16 mars 2026. Avec une enveloppe record et des mesures d’incitation sans précédent, le gouvernement entend briser la dépendance aux importations et propulser l’agriculture de « seconde génération
C’est dans un contexte de mobilisation nationale que le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, Gabriel Mbaïrobe, a lancé le 16 mars dernier à Bamougoum la saison agricole 2026. Ce lancement ne se résume pas à un simple calendrier de semis ; il marque une accélération majeure de la politique d’import-substitution.
Une enveloppe de 12,5 milliards pour le PIISAH
Pour cette année 2026, le Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique (PIISAH) bénéficie d’un budget de 12,5 milliards de FCFA. L’objectif est clair : produire localement ce que le pays achète encore massivement à l’extérieur.
Les priorités sont ciblées sur trois fronts :
- Le Riz : 9 milliards de FCFA sont débloqués pour booster la production de la SEMRY et de l’UNVDA. Le pays vise l’exploitation de 240 000 hectares de surfaces arables disponibles.
- Le Blé : Pour réduire une facture d’importation pesante, 600 tonnes de semences certifiées sont attendues pour densifier la production locale.
- Le Maïs et le Poisson : Le gouvernement encourage la création de fermes de grande envergure pour satisfaire la demande des industries locales.
Réduction des coûts : Le cadeau fiscal de 2026
L’une des grandes annonces de cette campagne est l’entrée en vigueur de mesures contenues dans la Loi de Finances 2026. Ces dispositions promettent une baisse de 30 % du coût de l’investissement agropastoral grâce à des exonérations fiscales massives sur l’achat de matériels modernes (tracteurs, systèmes d’irrigation, intrants).
Cette « bouffée d’oxygène » fiscale vise à transformer l’agriculture familiale en une véritable agro-industrie capable de générer des emplois pour la jeunesse.
Digitalisation et Modernisation
La campagne 2026 se veut aussi technologique. Le gouvernement déploie actuellement un guichet vivrier numérique dans les collectivités décentralisées. Cet outil permet aux producteurs de s’enregistrer pour déclencher automatiquement des subventions et d’accéder aux données de géolocalisation de leurs parcelles, facilitant ainsi le suivi technique et les prévisions de récolte.
Le défi de la productivité
Si les ambitions sont hautes, le succès reposera sur la capacité des agriculteurs à maximiser leurs rendements. Les experts conseillent déjà l’utilisation de semences hybrides et une planification rigoureuse dès ce mois de mars. Avec des prix de vente pour certaines cultures de rente comme le cacao restant attractifs malgré les fluctuations, l’année 2026 s’annonce comme un tournant décisif pour l’économie rurale du Cameroun.