Située dans la région du Littoral, la localité de Dibombari connaît depuis plusieurs années un regain d’intérêt pour la culture du palmier à huile. Jadis dominée par les grandes plantations industrielles, cette activité attire aujourd’hui de plus en plus de petits producteurs, d’investisseurs agricoles et de jeunes entrepreneurs ruraux. Cet essor s’explique par la forte demande en huile de palme, les conditions naturelles favorables de la zone et les opportunités économiques qu’offre cette culture rentable.
Un héritage agricole solidement enraciné
L’histoire du palmier à huile à Dibombari ne date pas d’hier. Depuis l’époque coloniale, des plantations y ont été développées et ont durablement marqué l’économie locale. Plus tard, l’installation de la SOCAPALM a consolidé la place de Dibombari comme bassin important de production du palmier à huile au Cameroun.
Les petits producteurs prennent leur place
Aujourd’hui, le paysage agricole de Dibombari évolue. Aux côtés des grandes exploitations industrielles, on observe la montée des plantations villageoises et familiales. De nombreux habitants transforment désormais leurs terrains en petites palmeraies de 1 à 5 hectares, parfois davantage. Cette dynamique est soutenue par la possibilité de vendre les régimes de noix, de produire de l’huile rouge artisanale ou encore de commercialiser les amandes de palmiste.
Le témoignage d’un riverain
Pour les populations locales, cette évolution est visible au quotidien. Jean-Paul Ndzié, riverain rencontré à Dibombari, témoigne : « Avant, beaucoup de jeunes passaient leur temps sans activité stable. Aujourd’hui, plusieurs travaillent dans les plantations ou se lancent eux-mêmes dans de petites exploitations. Même ceux qui n’ont pas de terres trouvent du travail dans la récolte, le transport ou la transformation. »
Son observation illustre l’impact économique croissant de cette filière sur la vie locale.
Pourquoi Dibombari attire autant
Plusieurs facteurs expliquent cet essor actuel. D’abord, Dibombari bénéficie d’un climat chaud et humide, idéal pour le développement du palmier à huile. Les sols y sont également favorables, ce qui améliore les rendements agricoles. Ensuite, la proximité de Douala représente un avantage stratégique majeur. Les producteurs peuvent facilement écouler leurs récoltes vers les marchés urbains, les transformateurs ou les commerçants de gros.
Une source de revenus stable
La hausse de la consommation locale d’huile de palme renforce l’attractivité du secteur. Cette huile demeure indispensable dans l’alimentation camerounaise, mais aussi dans la fabrication de savons, de cosmétiques et d’autres produits transformés. Face à cette demande constante, plusieurs agriculteurs considèrent désormais le palmier à huile comme une source de revenus plus stable que certaines cultures saisonnières.
Des défis à relever
Cette croissance n’est cependant pas exempte de difficultés. Le coût initial d’installation d’une plantation reste élevé : achat de plants sélectionnés, entretien, main-d’œuvre et patience avant les premières récoltes. Il faut souvent attendre plusieurs années avant une production significative. S’ajoutent à cela l’état des pistes rurales, les fluctuations de prix et les conflits fonciers parfois observés autour des terres agricoles.
Un avenir prometteur
Malgré ces obstacles, les perspectives restent encourageantes. Avec un meilleur encadrement technique, un accès au financement agricole et des unités locales de transformation, Dibombari pourrait devenir un modèle de développement agro-industriel équilibré entre grandes entreprises et producteurs indépendants.
Le palmier à huile comme moteur local
En définitive, l’essor actuel de la culture du palmier à huile à Dibombari traduit la volonté des populations de transformer les richesses naturelles de leur territoire en prospérité durable. Entre tradition agricole et modernisation économique, cette filière apparaît aujourd’hui comme l’un des moteurs les plus solides du développement local.
Raphael Tsogo