Cameroun : La hausse des prix de la tomate asphyxie les ménages camerounais

Le prix du cageot de tomate a triplé en quelques semaines sur les marchés camerounais, passant de 2 500 à 7 500 FCFA. Une flambée qui bouleverse les habitudes alimentaires des ménages et met commerçants comme consommateurs sous pression.

La hausse des prix de la tomate asphyxie les ménages camerounais
La hausse des prix de la tomate asphyxie les ménages camerounais

Sur les étals des marchés camerounais, la tomate est devenue un produit presque “de luxe”. En quelques semaines, le prix du cageot est passé de 2 500 FCFA à près de 7 500 FCFA, provoquant une onde de choc chez les consommateurs comme chez les commerçants. Dans les marchés de Yaoundé, Douala, Bafoussam ou encore Bertoua, les ménages peinent désormais à intégrer ce produit pourtant incontournable dans leurs repas quotidiens.

Au marché d’Elig-Edzoa à Yaoundé, les clientes négocient longuement devant des bassines à moitié vides. Certaines repartent avec quelques tomates seulement, quand d’autres renoncent complètement.

« Avant, avec 1 000 FCFA, je pouvais acheter suffisamment de tomates pour plusieurs repas. Aujourd’hui, ce n’est même plus possible », se désole Françoise, mère de quatre enfants. Comme elle, de nombreux consommateurs affirment avoir revu leurs habitudes alimentaires face à cette hausse brutale.

Dans plusieurs foyers, la tomate est pourtant un ingrédient de base. Sauces, bouillons, fritures ou accompagnements : difficile de cuisiner sans elle. « Nous sommes obligés de diminuer les quantités dans les sauces. Même les enfants remarquent la différence », raconte Clarisse Tchinda, rencontrée au marché Mokolo.

Pour certains ménages modestes, cette augmentation s’ajoute à une pression déjà forte sur le coût de la vie. « Tout augmente : le poisson, l’huile, le savon… maintenant même la tomate devient inaccessible », lance un consommateur visiblement agacé.

Les commerçantes aussi sous pression

Du côté des vendeuses, la situation n’est guère plus confortable. Beaucoup affirment vendre moins qu’avant, malgré la hausse des prix.

« Les clients pensent que c’est nous qui augmentons les prix, pourtant nous souffrons aussi », explique Maman Solange, commerçante au marché Central de Douala.

Selon elle, le coût élevé du transport, la rareté du produit et les difficultés liées à la production expliquent en partie cette flambée. « Quand le cageot arrive déjà à 7 500 FCFA, nous sommes obligées d’augmenter les prix au détail pour ne pas travailler à perte », ajoute-t-elle.

Les causes d’une hausse spectaculaire

Plusieurs facteurs sont évoqués pour expliquer cette situation : baisse de la production dans certaines zones agricoles, perturbations climatiques, hausse du coût du transport et difficultés d’approvisionnement des marchés urbains. Les fortes chaleurs observées ces dernières semaines auraient également affecté les récoltes dans plusieurs bassins de production. Des producteurs évoquent aussi les maladies des cultures et le coût élevé des intrants agricoles.

La hausse du prix de la tomate impacte également les petits restaurateurs et les vendeuses de nourriture. « Nous sommes obligés d’augmenter légèrement les prix des plats ou de réduire les portions », confie une restauratrice à Yaoundé. Une situation qui inquiète particulièrement les acteurs du secteur informel, déjà fragilisés par la baisse du pouvoir d’achat des consommateurs.

Dans les marchés, beaucoup espèrent une amélioration avec l’arrivée des prochaines récoltes. Mais pour l’instant, l’incertitude domine. « Si les prix continuent ainsi, ce sera très difficile pour les familles », soupire Marthe.

En attendant, dans les cuisines camerounaises, chacun tente de s’adapter tant bien que mal à cette nouvelle réalité : la tomate, autrefois accessible, est devenue l’un des symboles de la vie chère.

Marguerite MOMHA

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