Du 29 septembre au 3 octobre 2026, à Ebolowa, le MINADER a réuni les acteurs de la production biologique autour de deux ateliers consacrés à l’examen des projets de cahiers des charges types et des textes d’application de la loi encadrant ce secteur. À l’issue des travaux, des propositions d’amélioration ont été formulées, en attendant l’étape de prévalidation.
Le chantier réglementaire de l’agriculture biologique au Cameroun franchit une nouvelle étape. Pendant cinq jours, du 29 septembre au 3 octobre 2026, les acteurs du secteur se sont retrouvés à Ebolowa pour examiner et améliorer les projets de cahiers des charges types et de textes d’application de la loi relative à la production biologique au Cameroun. Organisés par le Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), à travers la Direction de la Réglementation et du Contrôle de Qualité (DRCQ), ces deux ateliers s’inscrivent dans le processus de construction d’un cadre réglementaire destiné à accompagner le développement des filières biologiques nationales.Autour de la table, les échanges ont concerné plusieurs domaines : l’apiculture, l’aquaculture, la production végétale, la production animale et les aliments préparés. Cette diversité traduit l’étendue du travail engagé : les exigences réglementaires doivent tenir compte des spécificités des différents modes de production et de transformation, tout en contribuant à la cohérence de l’ensemble du dispositif. L’élaboration de cahiers des charges types constitue un enjeu important pour les acteurs de l’agriculture biologique. Ces documents ont vocation à préciser les exigences applicables aux différentes activités concernées. Leur pertinence dépend notamment de leur capacité à prendre en compte les réalités techniques des filières et les conditions dans lesquelles évoluent les producteurs et les autres opérateurs. Les ateliers d’Ebolowa ont ainsi été marqués par des échanges qualifiés de constructifs, au cours desquels les participants ont formulé plusieurs propositions et amendements aux documents examinés.La participation d’organisations d’appui aux producteurs, notamment le CPF de Bandjoun, le CIPCRE et le GIC SAPPE, a contribué à la diversité des contributions. La présence de ces acteurs souligne l’importance d’associer les structures proches des producteurs à l’élaboration des règles qui encadreront leurs activités.Au-delà de l’examen technique des textes, le processus pose une question centrale : comment établir des exigences suffisamment précises pour garantir la crédibilité de la production biologique, tout en restant adaptées aux réalités des filières camerounaises ?
Crédibilité des produits et confiance des consommateurs
L’enjeu dépasse la seule production des textes. La consolidation d’un cadre réglementaire adapté peut contribuer à clarifier les exigences applicables aux opérateurs, à renforcer la confiance dans les produits biologiques et à favoriser leur valorisation sur les marchés. Pour les producteurs et les organisations qui les accompagnent, la lisibilité des règles représente également un enjeu de structuration des filières. Un cadre mieux défini peut aider les différents acteurs à disposer de références communes, sous réserve de sa validation, de son adoption et de sa mise en œuvre effective. Dans cette perspective, les travaux conduits par le MINADER constituent une étape du processus engagé pour mieux encadrer la production biologique au Cameroun. Leur portée dépendra toutefois de la qualité des documents finalisés et des conditions de leur application sur le terrain. À l’issue des ateliers, les propositions et amendements recueillis doivent alimenter la consolidation des projets de cahiers des charges types et des textes d’application. La prochaine étape annoncée est celle de la prévalidation, avant la poursuite du processus réglementaire. Cette échéance marque une phase importante, sans signifier pour autant que le dispositif est définitivement adopté. Le travail reste orienté vers la finalisation de documents capables de répondre aux besoins des différentes filières et de soutenir la structuration du secteur biologique national.ÀEbolowa, les échanges ont donc permis de faire progresser un chantier déterminant pour l’avenir de l’agriculture biologique au Cameroun. La prochaine étape consistera à transformer les contributions recueillies en un cadre réglementaire consolidé, susceptible de soutenir des systèmes de production durables, de renforcer la confiance des consommateurs et de mieux valoriser les produits biologiques camerounais.
MOMHA