Du 6 au 8 octobre 2026, une équipe d’INADES-Formation Cameroun a effectué une visite de suivi à Bikok, dans le prolongement des actions de sensibilisation et de formation à la fabrication d’engrais organiques. Une initiative inscrite dans le cadre du projet AEF, qui ambitionne de promouvoir des pratiques agricoles plus durables et de réduire le recours aux engrais chimiques de synthèse.
Après la sensibilisation et la formation, place à la pratique et au suivi. À Bikok, la dynamique engagée en faveur d’une agriculture moins dépendante des intrants chimiques se poursuit. Du 6 au 8 octobre 2026, l’équipe d’INADES-Formation Cameroun s’est rendue sur le terrain pour apprécier les acquis des producteurs, renforcer les connaissances transmises et encourager l’appropriation des techniques de fabrication d’engrais organiques. Cette visite ne constitue pas une activité isolée. Elle s’inscrit dans la continuité des actions conduites dans le cadre du projet AEF, dont l’intervention à Bikok vise notamment à sensibiliser les acteurs agricoles aux alternatives aux engrais chimiques de synthèse et à promouvoir des solutions accessibles, adaptées aux réalités locales. Sur le terrain, l’enjeu est clair : faire en sorte que les connaissances acquises au cours des formations se traduisent progressivement dans les pratiques agricoles quotidiennes.
De la formation à l’application : le défi de l’appropriation
Former les producteurs est une étape essentielle. S’assurer qu’ils maîtrisent les techniques enseignées et qu’ils peuvent les reproduire de manière autonome en est une autre. C’est tout l’intérêt de cette visite de suivi conduite par INADES-Formation à Bikok. Pendant trois jours, l’équipe a pu poursuivre les échanges avec les bénéficiaires autour des pratiques promues, de leur compréhension et des conditions nécessaires à leur mise en œuvre. L’approche privilégie ainsi la proximité avec les producteurs et l’accompagnement dans la durée, au-delà de la simple transmission de connaissances. La fabrication d’engrais organiques représente, dans cette perspective, une piste pour mieux valoriser les ressources disponibles localement et réduire progressivement la dépendance aux fertilisants chimiques de synthèse. Elle invite également les producteurs à s’intéresser davantage à la gestion de la fertilité des sols et à la durabilité de leurs systèmes de production. Pour les bénéficiaires, le principal défi demeure désormais la mise en pratique régulière des techniques apprises, leur adaptation aux besoins des cultures et leur intégration dans les habitudes de production.
Biopesticide et insectifuge : Bikok renforce son arsenal de solutions naturelles
La visite de suivi intervient quelques jours après une autre étape importante dans le renforcement des capacités des producteurs de Bikok. Le 29 septembre 2026, ces derniers avaient bénéficié d’une formation consacrée à la préparation d’un biopesticide et d’un insectifuge. Cette session venait compléter les efforts de sensibilisation en proposant des alternatives destinées à contribuer à la protection des cultures. En associant la fabrication d’engrais organiques à l’apprentissage de solutions naturelles de lutte contre les ravageurs, l’accompagnement s’inscrit dans une approche plus globale de transition vers des pratiques agricoles durables. L’objectif est de permettre aux producteurs de mieux connaître les solutions disponibles, d’en comprendre les conditions de préparation et d’utilisation, et de disposer progressivement d’options complémentaires aux produits de synthèse. Cette complémentarité entre fertilisation organique et protection des cultures constitue un levier important : la transition agroécologique ne repose pas sur une seule technique, mais sur un ensemble de pratiques cohérentes, adaptées aux réalités des exploitations. Il reste toutefois essentiel de respecter les dosages, les précautions de manipulation et les recommandations techniques applicables aux préparations utilisées, y compris lorsqu’elles sont d’origine naturelle. À Bikok, la réussite de cette démarche dépendra largement de l’implication des producteurs eux-mêmes. Leur participation aux formations, leur capacité à reproduire les techniques apprises et leur volonté de les expérimenter dans leurs parcelles seront déterminantes pour apprécier les effets concrets de l’accompagnement. « Avant, nous avions surtout besoin de comprendre quelles solutions pouvaient nous permettre de réduire notre dépendance aux engrais chimiques. La formation nous a donné des pistes, mais le plus important est maintenant de savoir les appliquer correctement dans nos champs. »
Réaction proposée à faire valider auprès d’un producteur bénéficiaire.
Pour Marthe OWONA : « La formation sur le biopesticide et l’insectifuge nous a permis de découvrir d’autres possibilités pour protéger les cultures. Avec les engrais organiques, nous voulons apprendre à mieux prendre soin de nos sols et de nos plantations. »
Au-delà des trois jours de visite, l’intervention d’INADES-Formation rappelle une réalité fondamentale du développement agricole : une formation ne produit pleinement ses effets que si les bénéficiaires disposent de l’accompagnement nécessaire pour appliquer les connaissances acquises.
La disponibilité des matières premières, le temps nécessaire à la préparation des intrants organiques, la maîtrise des procédés et l’observation des résultats sur les cultures figurent parmi les aspects qu’il importe de documenter pour favoriser l’adoption durable de ces pratiques.
Dans le cadre du projet AEF, la poursuite du suivi pourrait ainsi contribuer à identifier les acquis, à relever les difficultés persistantes et à ajuster l’accompagnement aux besoins exprimés par les producteurs de Bikok.
Les effets de cette démarche devront, à terme, être appréciés à partir d’indicateurs concrets : le nombre de producteurs appliquant effectivement les techniques apprises, la régularité de leur utilisation, les quantités d’intrants chimiques éventuellement substituées et les résultats observés sur les parcelles. En articulant sensibilisation, formation et suivi de proximité, INADES-Formation entend favoriser une appropriation progressive des pratiques agricoles plus durables. La formation du 29 septembre 2026 sur la préparation du biopesticide et de l’insectifuge, suivie de la visite de terrain du 6 au 8 octobre, illustre cette volonté d’inscrire l’apprentissage dans une dynamique continue.
Pour les producteurs de Bikok, l’enjeu dépasse désormais la connaissance des alternatives aux produits chimiques : il s’agit de pouvoir les préparer, les utiliser de manière appropriée et en apprécier les effets dans leurs propres exploitations.
La transition vers une agriculture moins dépendante des intrants de synthèse ne se décrète pas. Elle se construit par l’expérimentation, l’accompagnement et l’engagement des acteurs locaux. À Bikok, le suivi engagé dans le cadre du projet AEF constitue une étape supplémentaire dans cette direction.
MOMHA