Douala accueille depuis ce matin les travaux d’élaboration du document national de la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale (DNUAF 2019-2028). Pendant trois jours, pouvoirs publics, organisations paysannes, société civile et partenaires techniques unissent leurs réflexions pour bâtir un cadre stratégique destiné à soutenir durablement les exploitations familiales camerounaises.
Les regards sont tournés vers l’avenir de l’agriculture familiale au Cameroun. Depuis ce mercredi 16 septembre 2026, la ville de Douala abrite un atelier national consacré à l’élaboration du document de référence de la Décennie des Nations Unies pour l’Agriculture Familiale (DNUAF 2019-2028). Une rencontre qui réunit les principaux acteurs du monde rural autour d’un même objectif : définir une vision commune capable de renforcer la contribution de l’agriculture familiale à la sécurité alimentaire, à la création d’emplois et au développement économique du pays.
Autour de la table des échanges figurent les organisations paysannes, notamment la Confédération nationale des organisations paysannes du Cameroun (CNOP-CAM) et ses organisations membres, la Plateforme nationale des organisations professionnelles agro-sylvo-pastorales du Cameroun (PLANOPAC) ainsi que la Plateforme régionale des organisations paysannes d’Afrique centrale (PROPAC). Les partenaires internationaux, à l’instar de l’AFDI-Cameroun et de la FAO, prennent également part aux travaux.
La société civile n’est pas en reste. INADES-Formation Cameroun, RMD, MBOSCUDA, UNAPROCAM, JVE, RADD, COSADER et SAILD contribuent aux réflexions aux côtés des administrations publiques concernées. Les représentants du MINADER, du MINFOF, du MINEPIA, du MINEPAT, du MINPROFF, du MINJEC et du MINEPDED participent aux discussions, tout comme les élus locaux et les chercheurs de l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD).
Au cœur des échanges, la volonté de doter le Cameroun d’un document national inclusif, réaliste et adossé à des mécanismes de financement capables d’accompagner durablement les producteurs familiaux. Pour les participants, l’enjeu est majeur. L’agriculture familiale demeure le principal mode de production agricole du pays et fait vivre des millions de Camerounais. Elle assure une part importante de l’approvisionnement des marchés locaux et contribue à la stabilité alimentaire des ménages.
Les discussions engagées lors de cette première journée portent notamment sur les défis auxquels font face les producteurs : accès aux financements, adaptation aux changements climatiques, accès aux marchés, sécurisation foncière, valorisation des jeunes et des femmes, ainsi que préservation des ressources naturelles. Les participants ont également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des organisations paysannes afin qu’elles jouent pleinement leur rôle dans la transformation des systèmes alimentaires.
Pour les organisateurs, le futur document devra permettre de sécuriser l’avenir de plus de 60 % des producteurs camerounais et de renforcer la souveraineté alimentaire nationale dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et les fluctuations des marchés agricoles.
Les travaux se poursuivront jusqu’au 18 septembre prochain. Au terme de cette concertation, les parties prenantes espèrent disposer d’une feuille de route consensuelle capable de mobiliser les financements nécessaires et de fédérer les actions en faveur d’une agriculture familiale plus résiliente, plus productive et plus durable.