À Nkongsamba, l’oignon n’est plus aussi facile à acheter qu’il y a quelques mois. Sur les marchés de la ville, les consommateurs constatent une hausse du prix de ce petit condiment devenu indispensable dans presque toutes les cuisines. Pour les ménages comme pour les vendeuses de nourriture, cette augmentation commence à peser sur les dépenses quotidiennes.Il suffit de faire un tour dans les marchés de Nkongsamba pour comprendre que l’oignon fait actuellement partie des produits qui donnent du fil à retordre aux acheteurs. Autrefois acheté presque machinalement, en petite quantité ou en tas, il fait aujourd’hui l’objet de davantage de négociations.
« On achète seulement la quantité dont on a besoin », expliquent de nombreux consommateurs confrontés à la hausse des prix des produits alimentaires.Dans les ménages, l’adaptation est simple : on utilise moins d’oignons dans les sauces. Une préparation qui nécessitait plusieurs bulbes peut désormais être réalisée avec une quantité plus réduite. Pour certaines familles, chaque achat au marché est devenu un exercice de calcul.
L’oignon monte, le panier de la ménagère aussi
La situation observée à Nkongsamba s’inscrit dans un contexte plus large. Les relevés du Système d’information sur les marchés du riz et de l’oignon au Cameroun (SIMRO), dispositif lié au PADFA II, montrent une forte variation des prix de l’oignon selon les marchés et les périodes. Dans le Littoral, le marché central de Douala affichait notamment 1 500 FCFA pour l’oignon bulbe le 7 septembre 2026, tandis que le marché de l’oignon de New Bell était relevé à 900 FCFA le 27 août 2026.
Ces chiffres ne constituent pas un prix officiel pour Nkongsamba, mais ils permettent de comprendre la pression qui s’exerce actuellement sur le marché régional.À Nkongsamba, cette situation se ressent particulièrement chez les familles qui disposent d’un budget quotidien limité. Lorsque l’oignon augmente, ce n’est pas uniquement le prix du condiment qui change : c’est tout le budget consacré à la sauce, au poisson, à la viande ou aux autres ingrédients qui doit être réorganisé.
Les vendeuses aussi doivent s’adapter
Du côté des commerçantes, la situation n’est pas forcément synonyme de bénéfices supplémentaires.Lorsque le prix d’achat augmente, la vendeuse doit décider comment vendre sa marchandise. Augmenter brutalement le prix peut faire fuir certains clients. Garder le même prix peut, au contraire, réduire sa marge.C’est pourquoi les petits tas deviennent une solution pratique. Une cliente qui ne peut pas acheter une grande quantité peut repartir avec seulement quelques bulbes.Cette pratique permet au commerce de continuer, mais elle montre aussi que le pouvoir d’achat des consommateurs reste sous pression.
Pourquoi l’oignon coûte-t-il plus cher ?
L’oignon consommé dans le Littoral vient en grande partie des bassins de production du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun. Entre les zones de production et Nkongsamba, la marchandise doit parcourir une longue distance.
Transport, état des routes, disponibilité du produit, stockage et pertes après récolte peuvent tous avoir une influence sur le prix final.La situation est actuellement particulièrement sensible avec les difficultés d’acheminement signalées pendant la saison des pluies. Un reportage publié en septembre 2026 à Yaoundé rapporte que des grossistes expliquent la hausse par les difficultés de transport depuis l’Extrême-Nord, notamment en raison des routes dégradées et des conditions météorologiques. Le problème ne s’arrête donc pas au producteur. Entre le champ et le marché, plusieurs coûts s’ajoutent et finissent par se retrouver dans le prix payé par le consommateur.
Dans les restaurants, il faut également calculer
L’augmentation concerne aussi les petites restauratrices, les vendeuses de poisson braisé, de viande, de beignets-haricots et autres aliments préparés.Pour ces commerçantes, l’oignon est un ingrédient presque incontournable. Même lorsque les quantités utilisées sont faibles, l’achat se répète plusieurs fois par semaine.Lorsque le prix augmente, deux choix sont généralement possibles : utiliser moins d’oignons ou augmenter le prix du plat. Mais dans une ville où les clients cherchent eux aussi à économiser, augmenter les prix n’est pas toujours facile.C’est donc toute une chaîne qui est concernée : producteur, transporteur, grossiste, revendeuse, restauratrice et consommateur.
Un petit condiment devenu une vraie préoccupation
L’oignon peut sembler être un produit secondaire dans le panier alimentaire. Pourtant, son importance dans la cuisine camerounaise lui donne une place particulière.Il entre dans la préparation des sauces, du riz, du poisson, de la viande, des légumes et de nombreux plats vendus dans les rues et les petits restaurants.Son absence ou sa réduction se remarque immédiatement dans certaines préparations.À Nkongsamba, les consommateurs doivent donc désormais faire avec cette nouvelle réalité : acheter moins, comparer les prix entre les différents vendeurs et parfois négocier davantage.
Une situation à suivre dans les prochaines semaines
La grande question reste de savoir combien de temps cette hausse va durer. Une amélioration de l’approvisionnement ou l’arrivée de nouvelles quantités sur les marchés pourrait contribuer à faire baisser la pression.
Mais pour le moment, les signaux venus du marché camerounais montrent que l’oignon reste sous tension. Les relevés du SIMRO témoignent d’ailleurs d’écarts importants entre les zones de production et les grands marchés de consommation.
À Nkongsamba, les consommateurs n’attendent donc pas de grandes explications économiques. Leur préoccupation est beaucoup plus simple : « Combien dois-je prévoir aujourd’hui pour acheter mes oignons ? »Derrière cette question se trouve une réalité bien concrète. Quand le prix d’un condiment aussi utilisé que l’oignon augmente, c’est une petite partie supplémentaire du budget familial qui disparaît.À Nkongsamba, l’oignon est donc devenu plus qu’un simple ingrédient de cuisine : il est désormais l’un des produits à surveiller dans le panier quotidien des ménages.