
Les premières averses de l’année s’apprêtent à faire leur retour dans le sud du Cameroun. Entre le 7 mars et le 16 avril 2026, la saison des pluies devrait s’installer progressivement, avec un démarrage annoncé normal à légèrement tardif selon les prévisions météorologiques.
Mais comme souvent au début de la saison, les premières pluies pourraient être irrégulières et accompagnées de vents parfois violents. Un cocktail météorologique qui invite agriculteurs, ménages et conducteurs à la vigilance. Car dans un pays où l’agriculture dépend étroitement du calendrier climatique, chaque goutte de pluie compte mais chaque faux départ peut aussi coûter cher. « Les premières pluies donnent parfois l’impression que la saison est lancée, mais ce n’est pas toujours le cas. Il faut attendre une certaine régularité avant de commencer les semis », rappelle un technicien agricole interrogé à Yaoundé.
Une saison qui remonte progressivement vers l’intérieur du pays
L’installation de la saison pluvieuse devrait suivre une progression géographique en plusieurs étapes, sur environ six semaines.
- Du 7 au 17 mars, les premières précipitations devraient toucher la zone côtière, d’Idénaou à Campo, en passant par Douala, avant de s’étendre vers Ambam et Moloundou.
- Du 17 au 27 mars, les pluies devraient gagner l’intérieur du pays, notamment Yaoundé, Ngomedzap, Nkongsamba, Yokadouma, Mamfe et Bafoussam.
- Du 27 mars au 6 avril, la saison progressera vers le nord des régions du Centre, de l’Est, de l’Ouest et du Nord-Ouest, atteignant également Tibati dans l’Adamaoua.
- Entre le 6 et le 16 avril, les précipitations devraient enfin s’installer dans le nord de l’Adamaoua et le sud de la région du Nord, notamment autour de Ngaoundéré, Kontcha et Djohong.
Pour les producteurs, l’arrivée des premières pluies marque toujours le début d’une période stratégique. Mais les spécialistes mettent en garde contre la précipitation. Des averses isolées peuvent être suivies de plusieurs jours secs, mettant en péril les semences déjà mises en terre. « Si la pluie tombe deux ou trois jours puis s’arrête, les graines peuvent sécher dans le sol. C’est une perte pour le producteur », explique Jean-Claude, cultivateur de manioc près de Nkongsamba. Attendre quelques pluies régulières permet souvent de sécuriser la germination et améliorer les rendements.
Au Cameroun, les premières pluies sont rarement discrètes. Elles s’accompagnent fréquemment d’orages, de rafales de vent et de fortes averses, capables d’endommager toitures, arbres et installations fragiles. Les autorités locales recommandent ainsi aux habitants de préparer leurs habitations : vérifier les toitures, dégager les caniveaux et sécuriser les structures légères. « Chaque début de saison apporte son lot de vents forts. Un simple contrôle des toitures peut éviter beaucoup de dégâts », souligne un responsable communal à Douala.
Sur les routes, les premières pluies sont souvent les plus dangereuses
Le retour de la pluie transforme aussi les routes en zones à risque. Après plusieurs mois de poussière et de chaleur, les premières averses rendent les chaussées particulièrement glissantes. Les conducteurs sont invités à réduire leur vitesse et augmenter les distances de sécurité, notamment pour les motos-taxis très présents dans les grandes villes. « Quand la première pluie tombe, la route devient comme du savon », raconte un conducteur de moto-taxi à Bafoussam. « Si on ne ralentit pas, l’accident arrive vite. »
Dans un contexte marqué par la variabilité climatique, les spécialistes insistent sur l’importance de l’anticipation. Observer les premières pluies, adapter les calendriers agricoles et renforcer les infrastructures locales sont devenus des réflexes essentiels. Car si la saison pluvieuse reste le moteur de la production agricole, elle exige aujourd’hui plus d’attention que jamais pour transformer les pluies attendues en véritable opportunité pour les populations.
Marguerite MOMHA