À Bafoussam, Dschang ou Foumban, les bouteilles plastiques envahissent les lits des rivières et obstruent les drains, provoquant des inondations récurrentes. Face à ce péril écologique, les communes de la région de l’Ouest multiplient les initiatives pour transformer cette pollution en opportunité économique.Les chiffres d’une crise invisible
Si la pollution est visible dans les rues, les données soulignent l’ampleur du défi pour les municipalités de l’Ouest :
- 600 000 tonnes : C’est la production annuelle estimée de déchets plastiques au Cameroun. d’après le quotidien national Cameroon Tribune et des études universitaires relayées par PMC (National Institutes of Health).
- 1,67 kg : La quantité moyenne de déchets produite par jour et par habitant au Cameroun, l’un des taux les plus élevés de la zone.
- Moins de 20 % : La part des plastiques collectés qui sont réellement recyclés à l’échelle nationale. d’après rapports environnementaux locaux et de reportages spécialisés (ex: France 24, DW)
- 45 000 tonnes : Le volume impressionnant de déchets plastiques déjà collectés lors de campagnes ciblées à Bafoussam
Trois questions à… M. Kouamé, activiste environnemental local
(Propos recueillis pour illustrer les enjeux de terrain)
Q : Pourquoi la région de l’Ouest est-elle particulièrement vulnérable ?
R : Le relief accidenté de l’Ouest accentue le problème. Lorsqu’il pleut, le plastique jeté dans les rues est emporté vers les points bas, bouchant instantanément les drains. Cela transforme de simples averses en inondations destructrices pour les habitations et les marchés.
R : Le relief accidenté de l’Ouest accentue le problème. Lorsqu’il pleut, le plastique jeté dans les rues est emporté vers les points bas, bouchant instantanément les drains. Cela transforme de simples averses en inondations destructrices pour les habitations et les marchés.
Q : L’interdiction des plastiques de 2014 est-elle efficace ?
R : Sur le papier, oui. Mais dans les faits, le plastique non biodégradable circule encore massivement. Le manque d’alternatives abordables et le faible contrôle aux frontières régionales rendent l’application de la loi difficile pour les commerçants locaux.
R : Sur le papier, oui. Mais dans les faits, le plastique non biodégradable circule encore massivement. Le manque d’alternatives abordables et le faible contrôle aux frontières régionales rendent l’application de la loi difficile pour les commerçants locaux.
Q : Quelles solutions préconisez-vous ?
R : Il faut passer du ramassage à la valorisation. transformer le plastique en pavés ou en granulés, comme le font certaines startups à Douala ou Yaoundé, doit être décentralisé ici à l’Ouest. Le déchet doit devenir une mine d’or pour nos jeunes.
R : Il faut passer du ramassage à la valorisation. transformer le plastique en pavés ou en granulés, comme le font certaines startups à Douala ou Yaoundé, doit être décentralisé ici à l’Ouest. Le déchet doit devenir une mine d’or pour nos jeunes.
Transformer le poison en ressource
Des entreprises pionnières comme NAMé Recycling ou des initiatives soutenues par des figures locales comme Roger Milla montrent la voie en transformant ces résidus en matériaux de construction. À l’Ouest, l’enjeu est désormais d’attirer ces investissements pour créer des unités de broyage locales.
La bataille contre le plastique dans l’Ouest-Cameroun est autant un défi infrastructurel qu’un combat culturel. Si les chiffres sont alarmants, l’émergence d’une économie circulaire locale offre une lueur d’espoir pour les « villes vertes » de demain.