Comprendre la loi 2025 sur le bio : Un guide pour les agriculteurs camerounais 

Projet de loi devenu Loi sur l’agriculture biologique au Cameroun: Un standard opérationnel pour les agriculteurs biologiques

Le texte dont on parle est la Loi n° 2025/013 du 17 décembre 2025 régissant la production biologique au Cameroun; autrement dit le projet de loi organique adopté et signé en loi fin 2025 qui encadre pour la première fois la production biologique de façon officielle.

Avant fin 2025, au Cameroun, nombreux produits étaient vendus comme « bio » ou « naturels » sans réelle règle juridique. Certains paysans utilisaient ce mot sans suivre de normes reconnues, ce qui embrouillait les acheteurs, les marchés étrangers et même les producteurs sérieux. Cette loi, n° 2025/013, vient changer ça : elle fixe les règles légales que doivent respecter toutes les personnes qui cultiveront, élèveront, transformeront ou commercialiseront des produits dits biologiques. En gros, elle donne une définition officielle du « bio » et dit qui peut utiliser ce mot, comment on contrôle, et quelles sont les sanctions si on triche. Cette loi a plusieurs buts : Protéger le consommateur, aujourd’hui, dire qu’un produit est « bio » ne voulait rien dire de précis. Grâce à la loi, seules les denrées qui respectent vraiment les critères définis pourront être vendues et labellisées biologiques.

Aider les paysans et l’export

Le Cameroun produit beaucoup de denrées agricoles (cacao, café, fruits, miel…). Mais faute de normes claires, certains envois vers l’Europe ou l’Amérique étaient refusés. Cette loi permettrait d’améliorer la qualité et la reconnaissance des produits au niveau international.

Protéger la santé et l’environnement

La loi interdit ou limite l’utilisation de produits chimiques de synthèse (pesticides, engrais artificiels), et exclut les organismes génétiquement modifiés (OGM). L’idée, c’est que l’agriculture bio soit plus saine pour les humains, les animaux et la nature.

Structurer la filière biologique

Aujourd’hui beaucoup de producteurs font du bio au pif. La loi crée un cadre officiel avec des règles techniques, des normes et des contrôles. Cela facilite l’accès à des marchés plus rémunérateurs et valorise le travail des agriculteurs.

La nouvelle loi pose quelques grands principes, à l’instar de la définition du « bio » comme un système de production qui :                respecte les équilibres naturels ;bannit ou limite strictement les produits chimiques de synthèse ;exclut les OGM et intègre des techniques agricoles écologiques (rotation des cultures, enrichissement naturel du sol, conservation de la biodiversité, etc.). Ceci est valable pour :les plantes (légumes, café, cacao, fruits…) ;l’élevage (animaux en pâture naturel) ;l’apiculture (miel) ;l’aquaculture (poissons), entre autres.

en outre La loi instaure un système de certification officiel. C’est dire que:Les agriculteurs ou transformateurs qui veulent dire que leurs produits sont « bio » doivent être certifiés par une autorité reconnue ;Il y aura des inspections régulières pour vérifier que les règles sont bien suivies ;Si une ferme ou une entreprise dit « bio » sans être certifiée ou en trichant, elle peut être punie (sanctions, amendes, retrait de label). Cette certification est capitale, car c’est elle qui donne de la crédibilité au label bio tant au Cameroun que sur les marchés étrangers.

La loi n’est pas juste des grandes idées : elle donne aussi des règles pratiques sur    comment cultiver autrement (par exemple en évitant certains produits chimiques) ;comment nourrir les animaux (plus naturel, pas de produits interdits) ;comment conserver et transporter les produits pour qu’ils restent conformes au statut bio. l’un des points satisfaisant est le fait qu’elle prévoit aussi des périodes de conversion. Cela signifie que si une ferme traditionnelle veut passer au bio, elle doit suivre des étapes et respecter un délai avant de pouvoir dire officiellement que ses produits sont « biologiques ».

Même s’il est vrai que pour un petit producteur, la loi peut paraître lourde du fait des contraintes telles que: le respect strict des normes de production et de transformation, la soumission à des contrôles réguliers et obligations administratives, des efforts à faire pour accéder à la certification (technique, financier, organisationnel); elle ouvre aussi des opportunités comme la possibilité d’accéder à des marchés national et international mieux payés, plus de visibilité pour leurs produits bio, une vraie valeur ajoutée, un appui des pouvoirs publics pour la transformation progressive du secteur. Et pour que les producteurs ne se sentent pas jeter dans le grand bassin pour la première fois, elle prévoit  des mesures de soutien (formation, conseils techniques, etc.) pour aider les fermiers à réussir cette transition.

La Loi n° 2025/013 du 17 décembre 2025 sur l’agriculture biologique transforme en profondeur le secteur agricole au Cameroun. Elle pose des règles claires, crée des structures de contrôle et de certification, et ouvre des perspectives économiques et sanitaires importantes. C’est un texte ambitieux qui vise à structurer une filière encore très informelle, à répondre aux attentes des consommateurs, et à aider les producteurs à tirer meilleur parti de leurs efforts.

Raphaël Tsogo Pour Sonha média

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