Ruée vers les fertilisants biologiques : les producteurs se préparent pour la campagne agricole 2026

Photo prise sur https://www.saild.org/actualites/
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À l’approche de la campagne agricole 2026, l’intérêt pour les fertilisants biologiques ne cesse de croître. Le 20 février 2026, plus de 70 producteurs, encadreurs agricoles et acteurs de l’agroécologie ont pris part à une journée d’information consacrée à la fabrication des engrais naturels. L’évènement, organisé à Yaoundé par le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), visait à outiller les agriculteurs sur des techniques simples et accessibles de production d’intrants biologiques.

Des alternatives locales face aux engrais chimiques

Dans un contexte marqué par la hausse des prix des engrais chimiques et les inquiétudes liées à leurs impacts environnementaux, les producteurs cherchent des solutions durables. La rencontre a ainsi permis de présenter des méthodes de fabrication d’engrais organiques à base de matières premières disponibles localement : fientes de volaille, résidus végétaux, cendres, compost et extraits de plantes.

Pour les organisateurs, il s’agit de renforcer l’autonomie des exploitants agricoles. « Notre objectif est de montrer aux producteurs qu’ils peuvent fabriquer eux-mêmes des fertilisants efficaces, à moindre coût, tout en préservant la santé des sols et des consommateurs », a expliqué un responsable du SAILD en ouverture des travaux.

Des producteurs convaincus

Dans la salle, l’enthousiasme était perceptible.

« Chaque année, nous dépensons énormément pour acheter les engrais chimiques. Parfois, nous n’arrivons même pas à nous en procurer à temps », confie Jean-KOUE , producteur maraîcher venu de la périphérie de Yaoundé. « Aujourd’hui, j’ai appris à fabriquer du compost enrichi avec des ingrédients que je trouve facilement dans mon village. Cela va réduire mes charges. »

Même satisfaction pour Marie-Claire Mballa, engagée dans la production de légumes biologiques. « Les clients demandent de plus en plus des produits sains. Si nous maîtrisons la fabrication des engrais naturels, nous garantissons une meilleure qualité et nous protégeons notre terre. »

Un autre participant, éleveur et cultivateur mixte, souligne l’intérêt économique : « Avec les fientes de mes poulets, je peux produire mon propre fertilisant. Avant, je considérais cela comme un déchet. Maintenant, je comprends que c’est une richesse. »

Cap sur une agriculture plus durable

Au-delà de l’apprentissage technique, cette journée d’information marque une dynamique collective en faveur de l’agroécologie. Les échanges ont permis aux participants de partager leurs expériences, leurs difficultés et leurs perspectives pour la prochaine saison culturale.

À quelques semaines des premiers semis de la campagne 2026, les producteurs repartent avec des connaissances pratiques et l’ambition de réduire leur dépendance aux intrants chimiques. Pour beaucoup, la transition vers les fertilisants biologiques n’est plus une option marginale, mais une nécessité économique et environnementale.

La ruée vers les engrais naturels semble ainsi amorcée, portée par une volonté commune : produire mieux, à moindre coût, et durablement.

Marguerite MOMHA pour SONHA MEDIA

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