Modernisation agricole : Le Cameroun passe à l’offensive

Le Centre National d’Études et d’Expérimentation du Machinisme Agricole (CENEEMA) a officiellement lancé sa campagne de mécanisation en mars 2025. Un tournant stratégique qui vise à transformer une agriculture encore largement manuelle en une industrie compétitive, portée par l’essor de la filière anacarde.

C’est un vent de modernité qui souffle sur les bassins de production du pays. En lançant sa grande campagne de mécanisation en mars 2025, le CENEEMA ne se contente pas de distribuer des équipements ; il pose les jalons d’une révolution structurelle. L’objectif est clair : accroître la productivité pour assurer la sécurité alimentaire et booster les exportations.

La technologie au service du rendement

Le déploiement massif de tracteurs, de moissonneuses et de systèmes d’irrigation modernes répond à un besoin criant des producteurs. En facilitant la préparation des sols et la récolte, cette initiative vise à réduire la pénibilité du travail tout en minimisant les pertes post-récolte. Pour le CENEEMA, cette campagne est le pivot de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), visant à faire du Cameroun le grenier de la sous-région.

L’anacarde : Le nouvel « or gris »

Au cœur de cette restructuration, la filière anacarde (noix de cajou) affiche des ambitions record. Le pays vise une production de 50 000 tonnes dès cette année 2025. Longtemps restée dans l’ombre des cultures de rente traditionnelles comme le cacao ou le café, l’anacarde bénéficie désormais d’un encadrement technique renforcé et d’une structuration des coopératives de producteurs.

Cette montée en puissance ne concerne pas seulement la production brute. Le défi de 2025 réside également dans la transformation locale. L’installation d’unités de décorticage sur le territoire devrait permettre de capter davantage de valeur ajoutée, créant ainsi des milliers d’emplois pour les jeunes en zone rurale.

Vers une agriculture de seconde génération

Si les défis logistiques et le coût de l’énergie demeurent des points de vigilance, l’élan impulsé en ce mois de mars témoigne d’une volonté politique ferme. En couplant la mécanisation du CENEEMA à la structuration des filières stratégiques, le Cameroun semble enfin prêt à réaliser son passage vers une agriculture dite de « seconde génération ».

Du champ à l’assiette : le défi de la valeur ajoutée

Pour 2025, l’ambition du Cameroun dépasse la simple récolte. Le gouvernement, via le Ministère de l’Agriculture, encourage désormais la transformation locale pour rompre avec le modèle d’exportation de produits bruts. L’enjeu est de taille : transformer au moins 25 % à 30 % de la production nationale d’anacarde sur place.

L’ouverture récente de l’antenne régionale du CENEEMA à Bafoussam en août 2025, dotée de plus de 118 engins lourds, illustre cette volonté de créer des infrastructures capables de soutenir non seulement la culture, mais aussi l’acheminement vers les futures unités industrielles. Le passage à une « agriculture de seconde génération » implique la création de petites et moyennes industries (PMI) de décorticage, permettant de produire des amandes de cajou prêtes à la consommation, générant ainsi des revenus jusqu’à trois fois supérieurs à la vente de la noix brute.

 

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