Foire des Semences Paysannes d’Afrique Centrale : Les réactions

<< Ce rendez-vous a été un véritable succès, tant sur la mobilisation des producteurs que sur la richesse des échanges entre agriculteurs, chercheurs, organisations paysannes et acteurs développement rural >>, déclare au micro de sonhamédia, Monsieur Joseph Gweth, ingénieur agronome, participant et exposant à cette Fospac 2026.

Du 27 février au 1er mars 2026, la ville d’Esse a vibré au rythme du monde agricole avec pour langage commun, les semences paysannes. Venus des pays d’Afrique Centrale et d’ailleurs, les participants, acteurs du monde agricole, chercheurs et autres institutionnels ont échangé, exposé leurs produits et partagé leurs connaissances dans le but de répondre à la thématique centrale de cette foire à savoir : << Les cases communautaires de semences paysannes, creuset du patrimoine génétique local : Quelle implication des communes ? >>

Dans un contexte marqué au Cameroun par la décentralisation, le rôle des communes ou collectivités territoriales décentralisées s’avère majeur dans la valorisation et le soutien aux acteurs du monde agricole. « «  Cela passe par les délibérations c’est-à-dire un financement par les fonds propres de la commune pour accompagner les acteurs au terme d’une délibération qui autoriserait le Maire à mettre à disposition des fonds pour soutenir acteurs du développement agricole « « , précise une responsable du ministère de l’agriculture et du développement rural.

Au-delà donc de l’exposition des variétés locales, cette foire a permis de mettre en lumière la valeur inestimable des semences paysannes, véritables patrimoines génétiques adaptés à nos réalités agroécologiques. Pour l’ingénieur agronome Joseph Gweth, «  ces semences, sélectionnées et conservées depuis des générations, constituent un levier stratégique pour renforcer la résilience de nos systèmes agricoles face aux changements climatiques et aux pressions économiques « . La Foire a également favorisé le partage d’expériences, la transmission de savoir-faire traditionnel et la création des réseaux entre producteurs. La souveraineté semencière, véritable défi, n’apparaît donc pas ici comme un simple concept, mais comme une nécessité pour garantir la sécurité alimentaire, préserver la biodiversité et assurer l’autonomie des agriculteurs d’Afrique Centrale. Pour Ngueyang Ghislain, ingénieur agronome et enseignant vacataire à l’ISSEA, il faudra, au sortir de la Fospac 2026 lier la recherche au système semencier paysan pour la conservation mais bien plus, lorsque la recherche fait ses travaux, qu’elle puisse revenir auprès des paysans chez qui ils ont collecté les semences pour leur faire un retour sur l’information, aussi que les expérimentations quittent les laboratoires pour les milieux paysans.

Rendez-vous pris pour la 7è édition.

Rodrigue billong, pour Sonha Média

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