Le Cameroun porte bien son nom d’Afrique en miniature du fait de sa diversité de paysages. En effet, montagnes, forêts denses et humides, savanes, zones humides, côtes et mangroves y cohabitent. C’est aussi un des pays les plus riches en biodiversité d’Afrique centrale, avec des espèces emblématiques comme les gorilles, les éléphants de forêt, les chimpanzés ou encore de très nombreuses espèces d’oiseaux et de plantes. Entre héritage précieux et responsabilité immense des centaines d’initiatives fleurissent à travers toutes les régions du pays pour protéger cet héritage certaines sont pilotées par l’État, d’autres par des organisations locales ou internationales, et beaucoup sont portées par les communautés elles-mêmes. Voici comment ces actions se déploient, région par région.
La région du Littoral est unique en Afrique centrale parce qu’elle combine zones côtières et mangroves, forêts humides, lagunes et rivières des écosystèmes essentiels aux poissons, aux crustacés, aux oiseaux migrateurs et même aux micro-organismes essentiels à l’équilibre de la nature. Par exemple, le Conseil Régional du Littoral a lancé un plan d’action pour protéger ses mangroves, zones fragiles menacées par l’urbanisation, la coupe de bois et la pollution. Cela inclut des campagnes de sensibilisation, la création de zones protégées et la restauration de sites déjà dégradés. C’est dans cette optique que des communautés incarnent ces efforts. Nous parlons là par exemple de Samuel, un gardien de mangrove formé par une ONG locale déclarant:« Avant, je voyais la mangrove comme une forêt que l’on pouvait exploiter. Aujourd’hui, je comprends qu’elle protège ma maison contre les tempêtes, nourrit nos poissons et purifie l’eau. Je suis fier quand des enfants de mon village plantent un mètre de racines de palétuviers, c’est comme planter un avenir. »
Des programmes comme Rise for Nature ont créé plus de 1 500 groupes communautaires de protection de la biodiversité dans tout le pays, y compris dans le Littoral, et formé des comités locaux pour gérer durablement les ressources naturelles.
Autour de Yaoundé et dans la région du Centre, la pression sur les forêts est forte parce que la population est dense et que l’agriculture extensive grignote parfois des zones boisées. Mais des actions positives émergent : certaines communautés créent des comités de gestion forestière pour protéger des forêts sacrées, d’autres intègrent des pratiques agricoles durables qui permettent de cultiver sans détruire la forêt. Dans plusieurs villages, des programmes d’agroforesterie encouragent les familles à planter des arbres fruitiers ou forestiers parallèlement à leurs cultures vivrières. Cela améliore les sols, fournit des revenus supplémentaires et donne un habitat à la faune locale. « Nous avons appris à planter des arbres autour de nos champs. Avant, la terre devenait pauvre chaque année. Aujourd’hui, on récolte plus et les oiseaux reviennent. Mes enfants savent que ces arbres, c’est notre richesse, pas seulement un arbre. » Affirme Marie Abessolo, jeune agricultrice.
La région du Sud-Est est l’une des plus riches en biodiversité du pays. Deux sites dans cette région la Réserve de faune du Dja et le Parc national de Lobéké sont classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, ce qui signifie qu’ils sont reconnus comme des trésors naturels d’importance mondiale.
Autour de ces zones, l’UNESCO et ses partenaires ont commencé à octroyer des micro-subventions pour aider les communautés locales à lancer leurs propres projets : écotourisme durable, artisanat lié à la nature, agriculture soutenable, etc.
Dans les régions du Sud-Ouest et Nord-Ouest des programmes comme le Programme Forêts Côtières (SAWA) — soutenu par WWF — agissent pour connecter les populations locales avec la conservation des grands paysages forestiers, y compris les parcs nationaux comme Korup, Bakossi ou Mont Cameroun.
Nord, Adamaoua, Est nous retrouvons des savanes, des parcs et un multi-usage des terres
Dans le Nord, des parcs comme Waza National Park (près de la frontière tchadienne) protègent les éléphants et autres espèces de savane depuis des décennies, avec des plans de gestion adaptés à l’écologie locale.
La grande Bénoué National Park dans le Nord-Est est un autre exemple d’aire protégée majeure, gérée avec l’aide des populations locales pour concilier agriculture, pâturages et protection de la nature.
Plus à l’est, des zones comme le Mbam Djerem National Park abritent des mosaïques de forêts et de savanes, offrant un terrain d’apprentissage pour des pratiques agricoles intégrées à la conservation.
Sur toute l’étendue du pays, des comités villageois gèrent des zones forestières, des groupes de jeunes plantent des arbres, des écogardes patrouillent avec des drones ou des pièges-caméras, et des familles apprennent à vivre de la nature sans la détruire.
De façon générale, a conservation de la nature au Cameroun n’est pas une idée abstraite. Elle se manifeste dans des actions concrètes partout dans le pays :
- Mangroves protégées et restaurées au Littoral.
- Agriculture durable et comités de gestion dans le Centre.
- Projets communautaires autour des sites du Patrimoine mondial au Sud-Est.
- Programmes structurés pour les forêts côtières dans le Sud-Ouest et Nord-Ouest.
- Protection des savanes et parcs nationaux au Nord et à l’Est.
Et le point commun, que l’on parle de monts, de forêts ou de savanes, reste le même : les gens s’impliquent, apprennent et adaptent leurs pratiques pour que la nature et leurs moyens de vie puissent coexister.
Raphaël Tsogo, pour Sonha Média